Radio

En Tunisie, la radio est le média le plus populaire après la télévision. 67% des foyers possèdent un poste de radio et autant de Tunisiens suivent l'actualité à travers ce média. En outre, 27% des Tunisiens  écoutent la radio via internet. La plupart (91%) l'écoute en arabe, contre 10% en français, et 55% de la population considère que les informations diffusées par ce type de médias sont fiables.

Un média en voie de diversification, les radios publiques se maintiennent

Parmi les 10 radios analysées, 4 font partie de la Radio Tunisienne (publiques), les autres sont des radios privées créées avant et après la révolution. La plupart des radios privées sont détenues par des hommes d’affaires tunisiens qui possèdent, pour certains, des actions dans plusieurs radios. C'est le cas de l'homme d'affaires Lotfi Abdennadher, actionnaire des radios Mosaique FM et Diwan FM, ou encore de Aziz Miled, décédé le 7 novembre 2012 qui a laissé à ses héritiers des actions directes de la radio Jawhara FM, et d'autres "indirectes" (à travers un groupe d'actionnaires d'une société à capital risque, la SODIC SICAR) de la radio Sabra FM.  Pour autant, ces actionnaires ne sont pas des actionnaires majoritaires, ni les dirigeants de ces radios, à l'exception de Lotfi Abdennadher qui est représenté par le président du Conseil d'administration de la radio Diwan FM.

La radio sous Ben Ali

Sous Ben Ali, il n'y avait que 4 radios publiques nationales (la Radio Nationale, Radio Tunis Chaîne Internationale, Radio Jeunes et la Radio culturelle) ainsi que 5 radios publiques régionales (à Monastir, Sfax, le Kef, Gafsa et Tataouine), toutes contrôlées par le pouvoir. Il existait par ailleurs 5 radios privées (Mosaïque FM, Jawhara FM, Shems FM, Express FM et Zitouna FM) gérées par des personnes proches du pouvoir.

Sakher El Materi, gendre du président déchu Zine El Abidine Ben Ali avait ainsi lancé la radio à vocation religieuse Zitouna FM, en 2007. Cyrine Ben Ali, la fille de Ben Ali a quant à elle obtenu une licence pour sa radio Shems FM, en 2010. De plus, Mosaïque FM, première radio tunisienne privée, créée en 2003, comptait Belhassen Trabelsi, frère de Leila Ben Ali (épouse de Ben Ali), parmi ses actionnaires.  

Jawhara FM était également la propriété d'un groupe d'hommes d'affaires proches du pouvoir, tandis que la licence de la radio Express FM a été octroyée à Mourad Gueddiche, fils du conseiller et médecin personnel de Ben Ali, Mohamed Gueddiche.

 

Quels changements depuis la Révolution ?

Depuis 2011, le nombre de radios publiques, nationales et régionales, n'a pas changé. La période postrévolutionnaire a, en revanche, été marquée par une augmentation notable du nombre de radios privées qui s'élève à ce jour à 21, mais aussi de radios associatives, dont 10 ont obtenu leur licence de la HAICA, sans compter les web radios. 

L'audience des radios varie selon les régions : par exemple, Mosaïque FM est la radio la plus écoutée dans la région Nord, tandis que les régions du Sud écoutent plutôt les radios publiques régionales (comme Radio Tataouine ou Radio Gafsa) (carte; Sigma, 2015). La présence sur le web est également un facteur important pour certaines stations, dont les versions électroniques font partie des sites web les plus consultés en Tunisie.

L'émergence des radios associatives

Les radios associatives sont une nouveauté en Tunisie, elles sont nées en grande majorité après la Révolution et bénéficient du support d'acteurs internationaux (soutien financier, matériel ou de développement de capacité) et de la HAICA. 10 d'entre elles répondent aux exigences du cahier des charges de la HAICA spécifique aux radios associatives et ont obtenu leur licence (Radio 6, Sawt Al Manajem, Dream FM, Media Libre FM, Houna El Gassrine, Al Jerid FM, K FM, Nefzaoua FM, Radio Campus, Radio Regueb). Ces radios associatives qui sont reconnues par le décret-loi 116 datant de novembre 2011, sont définies comme des radios "spécialisées, locales, à but non lucratif et au service de l’intérêt général" (Cahier des charges de la HAICA). 

  • Project by
    Alkhatt
  •  
    Reporters without borders
  • Funded by
    BMZ