Transparence des médias

Transparence sélective

Malgré l’obligation légale de publier certaines informations relatives aux médias (voir réglementation), on observe une transparence sélective. Les informations par rapport au rédacteur en chef et PDG sont souvent disponibles,  la plupart des noms des propriétaires sont dans le registre du commerce, par contre leurs parts ne le sont pas forcément. En revanche, les informations financières sont rarement rendues publiques, y compris pour les médias publics qui ne sont pas nombreux à avoir communiqué leurs chiffres financiers ou déposé leurs bilans. 

Le manque d’informations financières n’est pas une problématique propre aux médias. En effet, selon les statistiques du Registre du commerce, il n'y a que 20% des sociétés environ qui déposent leurs bilans financiers.  

La volonté d’être transparent

La plupart des responsables de médias ont répondu favorablement à une rencontre avec l’équipe du projet "Media Ownership Monitor" pour partager les informations relatives à leurs médias. Le taux de retour du questionnaire rempli avec les informations demandées est par contre beaucoup moins élevé et toutes les informations ne sont pas livrées, particulièrement les informations financières. Quelques médias n'étaient pas joignables ou n’ont pas voulu donner suite. Seuls deux médias (Assarih et Sabra FM) ont ouvertement dit qu’ils ne souhaitaient pas partager leurs informations pour renforcer la transparence.

La presse écrite

Les 10 journaux étudiés publient de leur propre initiative le nom du rédacteur en chef sur leur journal. Certains d’entre eux publient également le nom du PDG. Akhbar Medias (Akhbar al Joumhouria), Dar Assabah (Assabah et Le Temps), Dar Tunis Hebdo et la SNIPE (La Presse et Essahafa) ont soit partagé les informations financières en plus du nom des actionnaires, soit ces données étaient disponibles sur le registre du commerce. Il faut noter que la SNIPE est publique et Dar Assabah est détenue en majorité par l'Etat, depuis sa confiscation.

Pour Al Bayane (UTICA), Dar Al Moussawar et Dar Anouar (Achourouk et Le Quotidien), des informations relatives aux propriétaires sont disponibles sur le registre du commerce.  Pour Dar Irada, on y trouve uniquement la fiche d’identité et des anciens documents qui ne donnent que très peu d'informations sur la structure actuelle de la société. La maison de presse a exprimé son refus de partager plus d’informations. 

La loi oblige les journaux à publier leurs chiffres de tirage, mais aucun d’entre eux ne le fait. De plus, un des médias a partagé avec l'équipe du "Media Ownership Monitor" les informations financières relatives à sa société mais a indiqué que leur publication serait faite au détriment du journal. 

La télévision

Malgré plusieurs tentatives, une partie des responsables des télévisions n'a toujours pas répondu à nos demandes d'informations concernant la structure de leurs sociétés. Mais la télévision étant le support médiatique le plus exposé, l'identité des propriétaires des principales chaînes est souvent disponible, relevée par les médias ou affichée les propriétaires eux-mêmes. Les affiliations politiques des fondateurs ou propriétaires des chaînes sont également plus ou moins affichées, évoquées dans les médias ou encore avancées comme motif de refus d'une licence par la HAICA.

De nombreuses informations sont disponibles sur le registre du commerce ou dans les annonces publiées au Journal officiel de la République tunisienne (JORT). Nessma TV et Attassia ont renvoyé le questionnaire rempli, mais avec des informations manquantes, particulièrement les informations financières.

La HAICA a communiqué à l'équipe en charge du projet une liste des médias audiovisuels ayant obtenu leur licence, avec les noms de leur responsable, mais n'a toujours pas communiqué les informations sur l'identité des actionnaires et les données financières en sa possession, même si elle affirme que ces informations seront rendues publiques très prochainement. Par ailleurs, cette liste n'est pas forcément actualisée lorsque des changements dans la structure des entreprises médiatiques sont enregistrés, malgré l'obligation légale faite aux médias d'en informer l'Instance de régulation.

La présidence du gouvernement a communiqué quelques informations financières générales concernant les deux télévisions publiques (Wataniya  1 et 2). Les responsables des deux chaînes n'étaient pas en mesure de donner des informations détaillées sur le fonctionnement de l'Etablissement de la télévision tunisienne. 

La radio

Les données communiquées par la HAICA et la présidence du gouvernement concernant les télévisions publiques et les télévisions privées ayant obtenu leur licence sont de même nature que celles communiquées pour la Radio nationale et les radios privées ou associatives. La Radio nationale a également répondu au questionnaire.

De nombreuses informations sur la structure de l'actionnariat des radios privées ont également été obtenues grâce aux publicités légales sur le registre du commerce ou le JORT. 

La radio Mosaïque FM se démarque des autres stations de radio étudiées par sa volonté affichée de transparence, en livrant rapidement une grande partie des informations demandées. IFM a également répondu au questionnaire en donnant le noms des actionnaires et leurs parts dans le capital. Diwan FM a quant à elle communiqué les noms sans la répartition.

La presse en ligne

Pour tous les sites web étudiés qui ne relèvent pas des médias traditionnels, des informations relatives aux propriétaires sont disponibles sur le registre du commerce.  La plupart ont également partagé ces informations.

Le site Business News a publié activement les noms des principaux actionnaires  de son média et la structure de sa rédaction.  Plusieurs sites (Al Jarida, Babnet, Mosaique FM) ont soit partagés leurs Google Analytics, soit communiqué les chiffres globaux de leurs audiences (Achourouk, Jomhouria, Tunigate).

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